Pourquoi la keynote de Google change tout et rien à la fois
Hier soir, Sundar Pichai n'a rien inventé. Et c'est précisément ce qui devrait vous tenir éveillés cette nuit.
Nos analyses, nos réflexions sur l'IA et l'investissement, nos retours d'expérience sur les agents qu'on construit.

Hier soir, Sundar Pichai n'a rien inventé. Et c'est précisément ce qui devrait vous tenir éveillés cette nuit.












Il y a quelques semaines, j'ai eu une conversation avec une artiste. Peintre, illustratrice, elle travaille depuis des années à construire un style reconnaissable, une voix visuelle à elle. Et depuis l'émergence des outils de génération d'images (Midjourney, Stable Diffusion, DALL-E), elle est en colère. Pas légèrement irritée. En colère. "Ils volent le travail des artistes. Ils s'entraînent sur nos œuvres sans notre consentement. Ils détruisent nos revenus." Je comprends la colère. Elle est humaine, elle est instinctive. Mais je pense qu'elle est mal dirigée. Parce que la vraie question n'est pas "l'IA va-t-elle remplacer les artistes ?" La vraie question, celle que presque personne ne pose, c'est : qu'est-ce qu'un artiste, exactement ? Et si on commence par là, on découvre quelque chose d'inconfortable : l'IA ne menace pas les artistes. Elle menace une confusion que le capitalisme a patiemment installée dans nos esprits depuis deux siècles, cette confusion entre l'art et le travail artistique rémunéré. Ce sont deux choses radicalement différentes. Et les démêler change tout. L'art, dans son sens le plus profond, échappe à trois définitions qu'on lui colle trop facilement : la beauté de l'objet produit, la maîtrise technique du geste, et (c'est là où ça devient vraiment intéressant) la capacité à créer des émotions dans un public. Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il est contre-intuitif. Donald Trump remplit des stades. Il crée des émotions intenses, de l'enthousiasme, de la ferveur, parfois de la rage. Est-il un artiste ? Non. Un publicitaire qui conçoit une campagne qui te fait pleurer en trente secondes est-il un artiste ?…


Il y a une question d’examen de première année d’économie que la plupart des analystes semblent avoir oubliée : Si la production devient quasi gratuite, qui a encore un revenu pour acheter quoi que ce soit ? L’économie moderne fonctionne en boucle. Le travail rémunéré finance la consommation. La consommation finance les revenus des entreprises. Ces revenus financent l’investissement. L’investissement finance la productivité. Et la productivité finance, à son tour, encore plus de productivité. C’est un feedback loop au sens de Munger : un cercle vertueux tant que tout le monde y participe, et un cercle vicieux dès qu’un maillon saute. Quand le travail humain se déprécie, ce n’est pas un indicateur qui bouge sur un tableau de bord. C’est le carburant de toute la boucle qui se raréfie. Comme un moteur qu’on perfectionnerait à l’infini, mais dont on oublierait de remplir le réservoir. Alex Wissner-Gross, physicien et informaticien passé par Harvard et le MIT, auteur de The Innermost Loop et l’un des rares esprits capables de parler simultanément d’économie post-scarcité et de fonds souverains, a une formule pour décrire ce moment : on vit dans la science non-fiction . Le présent est devenu tellement extraordinaire qu’on a cessé de le trouver extraordinaire. Ce qui, quand on y pense, est peut-être le signe le plus clair que quelque chose de fondamental a changé. Cet article n’est pas sur Terminator. Il est sur un risque plus banal, plus silencieux, et donc infiniment plus probable : le découplage . Un monde où l’économie humaine et l’économie des machines cessent, lentement, de se parler.…


Le patron et les 600 messages Il y a quelques semaines, une histoire a fait le tour des réseaux sociaux chinois. Un chef d’entreprise avait utilisé un outil d’IA pour envoyer des vœux de Nouvel An personnalisés à chacun de ses 600 employés. Des messages adaptés au rôle de chacun, à ses performances, à son parcours dans l’entreprise. Pas un copié-collé générique : quelque chose qui ressemblait, en surface, à une attention réelle. Les employés ont été touchés. Certains l’ont dit à leurs collègues. L’ambiance dans l’entreprise a changé, au moins pour quelques jours. Puis le patron a posté sur les réseaux pour expliquer son workflow. Et la backlash a été massive. Les gens ont parlé de “sincérité bon marché.” De vide derrière l’apparence. D’une attention qui n’en était pas une. Et pourtant, les mêmes personnes qui avaient été émues l’étaient restées quelques heures plus tôt, avant de savoir. Les mots n’avaient pas changé. Le sentiment qu’ils avaient d’abord ressenti était réel. Ce qui avait changé, c’était leur connaissance de l’origine du geste. Cette histoire soulève une question que l’essor de l’IA va rendre de plus en plus pressante : qu’est-ce qui donne de la valeur à un geste humain ? Et si ce n’est pas la qualité du résultat, alors qu’est-ce que c’est ? La théorie du temps irréversible Il y a une réponse qui me semble juste, même si elle paraît simple au premier abord. Quand quelqu’un t’écrit un message de Nouvel An, même court, même maladroit, la valeur de ce message ne tient pas à sa formulation.…




En 2024, pour la première fois en dix ans de mesure, le trafic automatisé a dépassé le trafic humain sur Internet. 51% de tout ce qui circule sur le web n'est pas généré par un humain derrière un écran. C'est le chiffre du rapport Imperva 2025, publié par Thales, et il a provoqué exactement la réaction qu'on attendait : la panique. "Les bots envahissent Internet !" "Les métriques sont faussées !" "On ne peut plus faire confiance aux analytics !" Les marketeurs se sont arraché les cheveux. Les éditeurs de contenu ont vu leurs chiffres d'audience devenir suspects. Les régies pub ont commencé à transpirer. Et une question obsédante a commencé à hanter les réunions produit de toutes les boîtes media du monde : si la moitié de mon audience n'est pas humaine, est-ce que mon contenu a encore de la valeur ? La réponse courte : oui. Et probablement plus qu'avant. Je sais que c'est contre-intuitif. On a été dressés, pendant 15 ans d'économie de l'attention, à croire que les "vues" sont la métrique reine, et que les vues non-humaines sont par définition du bruit. Mais cette croyance repose sur une confusion que presque personne ne prend la peine de clarifier. Une confusion entre deux types de trafic qui n'ont absolument rien en commun : les crawlers et les agents.…







Le Risk Parity pour les gens normaux : un guide en langage clair pour répartir le risque plutôt que seulement le capital, avec des exemples simples, ses avantages et ses limites, et comment l’intégrer à votre portefeuille avec Bubble, sans écrire une seule formule.









Article d’opinion inspiré du rapport « The State of Enterprise AI » d’OpenAI : comment l’IA devient l’infrastructure invisible des entreprises, pourquoi un fossé se creuse entre pionniers et retardataires, et comment Bubble a choisi dès 2023 de fonctionner comme une « entreprise IA » en s’appuyant à fond sur les agents IA, l’automatisation et des copilotes internes, dans le produit comme dans l’organisation (et même dans la vie perso).
Un petit déplacement moral, des conséquences immenses : le vrai crime n’est pas l’ignorance, mais le fait de savoir et de choisir quand même d’exploiter ceux qui ne savent pas. Ce texte montre comment l’asymétrie d’information a structuré le pouvoir dans l’histoire, comment l’IA est en train de briser ce schéma, et pourquoi experts comme non‑experts doivent maintenant choisir : continuer le jeu de l’extraction, ou utiliser ces nouveaux outils pour rendre l’exploitation obsolète.